Identifier ses motivations afin d’élever son indice de satisfaction

Jeune homme très souriant

Impossible de ne pas avoir croisé une personne arborant une sorte de bonheur facile. Ces gens heureux qui parfois nous énervent sont des cadeaux, car ils sont des miroirs. Croiser leur route, c’est recevoir un SMS où il est écrit : Hey! Toi aussi tu peux être heureux!

Il est superflu de mentionner combien le travail joue un rôle important dans nos vies. Surtout, lorsqu’il procure un sentiment d’accomplissement ou de réalisation personnelle. Ceux qui ont trouvé une réelle signification dans leur carrière qualifient leurs journées de travail d’énergisantes. En effet, être heureux au travail compte pour une des plus grandes sources de joie et de fierté. Mais il n’y a pas que le travail rémunéré pour être motivé et heureux. Contribuer au sein d’une collectivité, exercer sa créativité, partager ses compétences avec les autres… Partout et en toute activité où je m’engage avec joie, je peux trouver épanouissement et bonheur durable. Pour cela, faut-il identifier ce qui nourrit ma joie…

Le travail comme moteur de sens

Sonya Lyubomirsky, professeur de psychologie à l’Université de Californie a dirigé plusieurs études en milieu de travail. Ses conclusions démontrent que lorsque les gens se réalisent au travail, ils offrent une meilleure qualité et productivité. Aussi, ils ont généralement de meilleurs salaires. A l’inverse, lorsque les gens ne trouvent aucun sens à leur travail, ils deviennent dépressifs et anxieux. Des recherches ont démontré qu’il n’y avait rien de plus néfaste pour la santé qu’être sans emploi plus d’un an. Il semblerait même que l’on se remet plus rapidement de la mort d’un conjoint que d’une période prolongée de chômage.

Mon souvenir de Gérard

Cela me rappelle Gérard, pileur professionnel! J’intervenais en counseling dans une entreprise de distribution qui devait fermer ses portes lorsque Gérard entra pour sa première rencontre. Gérard, 47 ans ans, avait terminé ses études primaires et comptait vingt années de service pour le même employeur. Dès son entrée dans mon bureau, il affichait une personnalité confiante et entreprenante. Il n’a pas attendu que je l’invite à s’asseoir et prit d’assaut le contrôle de la conversation.

« Bonjour ma p’tite dame! Moi, c’est Gérard, pileur professionnel, à votre service! » Je lui dis avouer méconnaître le rôle d’un pileur professionnel et l’ai invité à me parler de son travail. Je venais d’ouvrir là une porte qui me permit de devenir en l’espace d’une heure la réceptrice que je rêve d’être lorsqu’on me parle de ses choix, de son métier, de sa profession avec ce quelque chose qui ressemble à une foi inébranlable.

Alors que les collègues de Gérard présentaient leurs services comme étant ceux de journaliers prêts à travailler à « n’importe quoi », Gérard, pileur professionnel, souhaitait se mettre à la recherche non pas d’un emploi, mais d’un employeur qui saurait reconnaître les bénéfices qu’il peut retirer d’un bon pileur professionnel. Il mit en évidence sa capacité à veiller aux activités de stockage à l’intérieur de conteneurs, procéder aux calculs visant à maximiser l’espace de stockage et la répartition du poids des marchandises. En fait, il veillait à éviter tout risque susceptible d’affecter la qualité des marchandises. Il m’exposa ses qualités, ses aptitudes et me décrivit longuement combien son patron lui avait fait confiance et n’en avait jamais été déçu. Il ne me posa qu’une seule question : « Pouvez-vous me dire s’il y en a d’autres, des boss comme j’avais? »

L’attitude c’est l’altitude de sa vie

J’insiste beaucoup sur l’importance de l’attitude, parce que je crois, avec une foi inébranlable moi aussi, qu’en dépit de caractéristiques présentées comme pouvant affecter l’employabilité (âge, scolarité, ancienneté, mobilité, expérience, etc.), l’attitude avec laquelle nous abordons tout projet, un emploi ou activité, est de loin ce qui trace les frontières de notre bonheur dans la vie. En effet, Gérard devait probablement en énerver plusieurs au travail avec son bonheur puissance mille!

Une activité orientée sur ses motivations fondamentales

Des individus et des équipes passionnées, ça existe. Quel est leur secret? Sur une période de dix ans, trois études sur la motivation au travail ont été réalisées auprès de plus de 850 000 personnes issues de différents milieux de travail aux États-Unis. Ces études ont révélé que les gens les plus énergiques ont orienté leur travail en fonction de leurs motivations fondamentales. Pourquoi alors ne faisons tous pas de même? Très souvent, on méconnaît la façon d’identifier ses motivations, repérer un projet inspirant, encore moins organiser son travail en fonction de ses intérêts. On se place trop souvent en attente d’autrui pour espérer stimulation. Le bonheur, c’est pourtant notre entière responsabilité.

Ainsi, plusieurs attendent que leur supérieur propose quelque chose qui puisse transformer leur vie au travail. Quel patron s’y connait véritablement en motivation? D’autres attendent l’arrivée de la retraite pour être heureux. Dans mes années d’emploi au sein d’une grande pétrolière, les statistiques du bureau médical de l’entreprise avaient établi l’espérance de vie des travailleurs à… deux ans, suite au départ à la retraite. Aussi, j’ai cessé de compter le nombre de fonctionnaires rencontrés à mon bureau de consultation qui attendaient la retraite pour passer à l’action et enfin être heureux. La retraite n’offre aucune garantie de bonheur ni de longévité. Tous le savent, mais… attendent. Pendant ce temps, le sable de notre sablier de la vie s’écoule inexorablement et les belles années, celles du plus jeune âge, s’envolent.

Identifier ses motivations

Les résultats de recherches empiriques énoncées plus haut affichent combien chaque individu est mobilisé par des sources spécifiques de motivation. De plus, lorsqu’un emploi satisfait cet ensemble de motivations, les gens sont plus heureux et plus engagés face à leur travail. Or, la plupart des gens connaissent très peu leurs sources de motivations au travail. Encore moins comment les mettre à profit. Pour transformer un emploi banal en passion, il n’est pas toujours nécessaire de changer d’emploi. Parfois, il suffit de changements apportés dans l’organisation du travail ou au niveau des responsabilités. L’outil des sources de motivation permet d’identifier ses motivations afin de procéder à des changements pertinents. Les huit profils d’engagement sont une autre façon d’identifier ce sur quoi on établit ses critères d’engagement professionnel et face à sa vie.

Les 8 profils d'engagement : Je veux découvrir le mien !

Certains seront donc stimulés par la compétition, d’autres par les défis, la créativité associée à une tâche, les relations sociales, etc. En alignant nos sources de motivation en fonction du choix de nos activités ou engagements personnels ou professionnels, on gradue l’échelle de notre indice de… bonheur!

Chaque personne a avantage à prendre en charge sa carrière, sinon sa vie. Souvent, cela débute avec l’identification des sources d’insatisfaction. En connaissant ce qui draine notre énergie, on peut ensuite plus facilement identifier ce qui nous en procure.

Identifier mes motivations, ça m'intéresse !

Nos motivations évoluent dans le temps

Une personne qui connait ses motivations peut identifier les changements à apporter à sa vie comme à son travail. Comprendre ses motivations peut même conduire une personne à remettre en question ses choix professionnels et l’inciter à entreprendre une démarche de transition. Nos motivations changent avec les stades du développement humain. Avec le recul, il est facile de voir combien vos motivations de la vingtaine ont été remplacées par d’autres, plus appropriées au stade de la trentaine, par exemple. Enfin, nos motivations évoluent avec la période d’âge où l’on se situe.

Identifier ses motivations à la retraite

En route vers la retraite ou en plein cœur, nos motivations s’adoucissent, se vivifient, à moins d’arriver à ce stade complètement brûlé par un surcroit d’investissement. Un travail d’élagage s’impose alors et c’est pourquoi un bilan de vie prend tout son sens. La transition vers la retraite est un moment crucial de la vie et les motivations qui sous-tendent cette décision peuvent varier d’une personne à l’autre.

Pour certains, il s’agit désormais de profiter de la vie en explorant de nouveaux intérêts et prendre du temps pour soi. Ce temps pour soi devient un véritable cadeau, car la vie active “carrière-famille-enfants” maintenant derrière, ouvre la porte à une disponibilité de temps où tout projet devient possible, à moins bien sûr de se recroqueviller dans sa coquille. Le stress derrière soi, on peut pleinement se concentrer sur son bien-être physique et mental.

La retraite offre à plusieurs l’occasion de partager leurs compétences. Transmettre ses connaissances est d’une richesse inouïe tant pour soi que pour autrui. Des passions enfouies, il y en a tout plein lorsqu’on atteint ce stade de vie. C’est l’heure où la créativité s’exprime librement en générant une dose de joie inégalée.

Se mettre en mode audace-créativité à la retraite

La joie de créer est l’une des thématiques importantes de mon livre La joie malgré tout, car nous en sommes tous dotés et trop nombreux à l’avoir étouffée sous nos responsabilités. Plusieurs affirment que c’est une véritable chance d’être créatif, d’apprendre de nouvelles choses et de prendre des risques sans craindre l’échec. Même sans travail rémunéré, l’engagement prend de nouvelles formes et invite chacun à rejoindre des groupes au sein desquels créer de nouveaux liens et continuer à contribuer, autrement plus léger.

En somme, la retraite est une période de transition où les individus réfléchissent à leurs priorités. Le fait d’identifier ses motivations  nouvelles facilite le besoin affirmé de vivre pleinement tout en étant actif d’une manière toute aussi nouvelle.

Les motivations extrinsèques et intrinsèques

Longtemps on a cru que les gens étaient motivés par des récompenses extrinsèques. Par exemple, le salaire, les bonus, les promotions et toute autre forme de reconnaissance venant de leur environnement. Grâce aux travaux de psychologues et chercheurs, tel Frederick Herzberg et Edward Deci, nous savons aujourd’hui que la motivation « durable » est un phénomène exclusivement intrinsèque. Autrement dit, c’est en nous seulement qu’il est possible de créer une motivation qui puisse nous engager durablement. Voilà donc pourquoi il importe de mieux identifier ses motivations; ce qui nous fait résonner, vibrer, nous sentir vivant!

Le futur ne nous appartient pas. C’est au présent, à chaque jour et dans l’instant qu’il nous revient d’être heureux et en accord avec soi et les choix que nous faisons.

Des lectures pour voir d’autres visages du bonheur

La joie malgré tout renferme différentes thématiques visant à cultiver la joie de s’aimer et apprendre à miser sur le meilleur de soi. Écrit avec sensibilité, intimité et bienveillance, cet ouvrage vous permettra d’interroger certains aspects de votre vie afin d’en déployer l’essentiel.

Le roman intimiste Désorientés et heureux vous fera découvrir comment deux êtres se servent de leurs défis de vie pour se recréer et enfin découvrir de nouveaux projets porteurs de sens.

Voici aussi un article qui pourrait vous intéresser: Donner un sens à sa vie.

Références au texte

Gostick, A. and Elton, C., What Motivates Me, Put Your Passions to Work, Culture Work Press, Kamas, USA.

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